Initiation aux méthodes intégrées au Jardin Potager
Composés à base de cuivre et de soufre
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Le Webmater
S BAESEN
Depuis la publication de cette page rédigée en 2019, l’Anses a retiré le 15 juillet 2025 17 fongicides contenant du cuivre en raison notamment de leur impact toxique sur l’environnement. L’Anses n’a réhomologué que deux préparations contenant du cuivre mais les restrictions sont telles (4 kg/ha/an…) que ces fongicides sont pratiquement inutilisables. Pour certaines cultures bio comme la vigne, il n’y a pas de traitement alternatif efficace à ce jour. Ces interdictions vont donc impacter lourdement la filière bio, mais aussi les particuliers qui n’auront plus de solution pour lutter contre les infections cryptogamiques courantes en culture maraichère et fruitière.
Pourquoi le cuivre n’est pas interdit en agriculture biologique ?
L’acharnement en agriculture biologique à encenser la bouillie bordelaise constituée de chaux et de sulfate de cuivre tient tout bonnement au rôle de ce pesticide à large spectre pour combattre les maladies cryptogamiques (mildiou, rouille, cloque du pêcher…) et bactériennes, le seul pesticide qui soit vraiment efficace dans la liste très réduite des produits homologués dans cette filière. L’usage du sulfate de cuivre en agriculture biologique tire parti de la polyvalence de doses fortes et d’applications répétées sans trop de considération pour la faune auxiliaire. C’est notamment le cas en arboriculture pour combattre des maladies comme la tavelure ou en viticulture contre le mildiou, l’excoriose et le black-rot.
La culture de pomme bio utilise de fortes doses de sulfate de cuivre bien que cela ne soit jamais précisé sur les étalages. Une belle pomme bio bien colorée qui ne présente aucune tache de tavelure a le plus souvent bénéficié de traitements cuivreux. L’emploi de fortes doses de composés à base de cuivre et de soufre (a) sont plus rare en agriculture intégrée, le sulfate de cuivre étant utilisés en alternance avec d’autres fongicides de synthèse afin de réduire les doses de traitement et les résistances. Sans le sulfate de cuivre, c’est tout l’édifice idéologique de l’agriculture biologique qui s’écroule, arboriculture et viticulture en tête. C’est pour cette raison que le lobby bio s’évertue à ce que l’usage des produits à base de sulfate de cuivre ne soit pas interdit (1).
Suite à l’action des lobbyistes de l’agriculture biologique, l’utilisation des pesticides au cuivre avait été prolongée de 7 ans à partir du 1 janvier 2019 dans l’Union européenne. L’Agence européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) avait pourtant souligné les risques présentés par l’utilisation dans l’agriculture des composés contenant du cuivre en particulier en matière de pollution des sols. Pour réduire ce risque de pollution, un compromis avait été trouvé par une réduction modulable de la dose par hectare année par année, ce qui s’avèra bien difficile à mettre en place étant donné que personne ne sait par avance comment la météo va évoluer durant une saison de culture.
Avant d’aborder les méfaits des traitements excessifs à base de cuivre sur l’environnement et les risques sur la santé humaine, il est important de souligner que le cuivre à faible dose est un élément indispensable à la vie végétale notamment sur la fonctionnalité de l’azote (2) et le métabolisme des hydrates de carbone. Or, les doses utilisées en agriculture biologique sont largement supérieures aux besoins des plantes. Par exemple, les besoins en cuivre d’une vigne sont estimés entre 30 et 100 gr/ha/an. Pour la vigne, un seul traitement autorisé en 2019 avec de la bouillie bordelaise amène 300 à 5000 g/ha de cuivre métal. Il est bien connu que c’est l’excès du cuivre qui est toxique.
Le cuivre n’est pas toxique pour l’homme tant que sa concentration dans les aliments reste limitée. Il ne s’accumule pas dans l’organisme sauf en cas d’anomalie génétique ou de surdosage alimentaire avec une accumulation prépondérante dans le foie. C’est un oligoélément essentiel intervenant dans de nombreuses réactions enzymatiques, le fonctionnement du système immunitaire, la formation des globules rouges, la production de la mélanine et la transcription des gènes. C’est aussi un antioxydant. Une alimentation équilibrée doit donc contenir du cuivre mais, en très petites quantités. Les apports nutritionnels conseillés varient entre 1,5 et 2 mg par jour. Des traces de cuivre dans l’alimentation provenant des traitements agricoles sont donc acceptables tant que l’absorption total de ce métal lourd (incluant également les sources naturelles et industrielles) ne dépasse pas une certaine valeur estimée à 5 mg jour par la Commission Européenne. Mais, il y a peu d’étude vérifiant les doses de cuivre sur les légumes, les fruits et les préparations industrielles provenant de l’agriculture biologique.
Par contre, les ovins peuvent être facilement victimes d’intoxication au cuivre. L’entreposage du cuivre dans le foie du mouton est lié à sa faible capacité de la sécrétion biliaire pour éliminer le cuivre. Un taux dans le foie excédant 500 ppm, poids sec, est généralement considéré comme toxique. C’est pour cette raison qu’il est conseillé de ne pas envoyer paitre des moutons dans les parcelles enherbées qui ont été traitées au cuivre tels que les anciens vergers et vignobles.
a) Les produits phytosanitaires contenant du cuivre et/ou du soufre homologués en agriculture biologique sont : L’Hydroxyde de cuivre (Cu(OH)₂), l’oxyde cuivreux (Cu₂O), le sulfate de cuivre (CuSO₄), le soufre micronisé et le soufre sublimé.