Initiation aux méthodes intégrées au Jardin Potager
Les filets anti-insectes pour la protection des cultures
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Le Webmater
S BAESEN
Les radis, carottes, navets, céleris-rave, oignons, poireaux… peuvent être protégés efficacement contre les ravageurs des racines par des filets constitués de petites mailles laissant passer la lumière solaire, l’air et l’eau d’arrosage. J’ai constaté que les filets en polyester et polyéthylène (par exemple de la marque Diatex) sont plus résistants aux UV que ceux fabriqués en polyamide, vendus dans certains magasins de jardinage. Ces filets empêchent de nombreux insectes adultes de pondre sur les collets des végétaux ou sur le sol à proximité de ces végétaux. Ils constituent une barrière mécanique contre les papillons, mouches, thrips …., en fonction de la dimension des mailles retenues.
La plupart des filets proposés pour du maraîchage en plein champ permettent une bonne aération avec un effet de serre très limité. Plus la taille des mailles des filets se resserre pour s’adapter aux dimensions des insectes, plus on constate une augmentation de la température et de l’humidité à l’intérieur de ces abris.
Tous les essais que j’ai entrepris ont montré que pour les légumes racines, des mailles d’un millimètre interdisant le passage de mouches et papillons adultes, constitue un bon compromis pour la protection des racines avec une augmentation de la température interne acceptable (environ 1 degré). Ces filets protègent également les tiges et feuilles contre les criquets, escargots, chenilles et asticots de bioagresseurs. En dessous d’un millimètre, on risque de se retrouver avec des hausses de température interne problématiques pour certaines plantes tout au moins en région PACA (non vérifié pour les autres régions).
Bien qu’un filet anti-insecte permet à l’air de circuler, le niveau d’humidité provenant de l’évaporation de l’eau du sol est plus important à l’intérieur de la protection y compris en plein été en région PACA. Ce niveau d’humidité dépend de la dimension des mailles et de la quantité d’eau apportée par l’irrigation. L’excès d’humidité se manifeste quelquefois sur le sol par l’apparition d’algues unicellulaires vertes. Il faut en tenir compte pour certains légumes tels que les salades qui supportent difficilement une atmosphère humide. Pour réduire l’humidité à l’intérieur des protections, il est préférable d’utiliser le goutte-à-goutte plutôt qu’un arrosage par aspersion. Les filets anti-insectes peuvent être repliés quand on constate une réduction significative des bioagresseurs au début de l’été tels que les pucerons.
Le filet anti-insecte est certainement le mode de protection le plus efficace permettant de s’abstenir des traitements phytosanitaires utilisés depuis de nombreuses années pour lutter contre les bioagresseurs des racines. Pour les cultures de longue durée avec conservation sur le terrain en hiver (tel que les carottes comprenant une protection contre le gel). On peut constater l’existence de quelques dégâts probablement causés par l’introduction accidentelle de bioagresseurs quand par exemple les filets sont repliés quelques heures pour effectuer un désherbage.
Certains bioagresseurs nécessitent la pose de filets avec des mailles plus serrées. L’aleurode du tabac (Bemisia tabaci) est un ravageur polyphage des cultures qui s’est établi récemment en méditerranée. En cas de nuisance, une protection mécanique contre ce bioagresseur nécessite la pose de mails dont les trous sont inférieurs à la dimension du thorax de l’animal soit environ 0,20 mm.
Sans rotation des cultures, ces filets sont peu inutiles surtout si vous installez pour la première fois une protection au-dessus d’un sol qui a déjà reçu des légumes racines infectés. À l’intérieur des protections, quand les pulpes de bioagresseurs enterrées dans le sol donneront des adultes, ces derniers seront protégés contre leurs propres prédateurs. Toute mauvaise herbe censée abriter des bioagresseurs doit être enlevée de la parcelle où seront installés les tunnels de protections. La propreté du sol est un élément essentiel afin de réduire le risque d’apparition de bioagresseurs polyphages à l’intérieur des protections. C’est par ex le cas des radis qui prendront quand même l’asticot si la moutarde des champs est présente sur le terrain avant la pose des filets.