Initiation aux méthodes intégrées au Jardin Potager
Permaculture ; innovation scientifique ou imposture ?
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Le Webmater
S BAESEN
Depuis quelques années, la permaculture connaît un succès médiatique avec une profusion de livres, d’articles de presse et de sites internet quand elle n’est pas encensée sur des chaînes de télévision publique. Selon ses adeptes la permaculture se poserait comme un partenaire incontournable de la transition écologique.
La permaculture n’est pas seulement une technique culturale apparenté à l’agroforesterie. C’est aussi un mode de vie qui prendrait en compte les interdépendances entre les sociétés humaines et leur environnement. Les adeptes de la permaculture prétendent appartenir au mouvement de l’agroécologie. Ils doivent respecter des règles de conduite et une forme d’agriculture combinant des connaissances traditionnelles et des notions récentes en agronomie. En premier lieu, toute activité agraire doit être fondée sur l’observation de la nature, et plus précisément sur le fonctionnement des écosystèmes locaux. Ces derniers sont alors mimés dans l’espace réservé à l’agriculture.
Les règles de conduite visent surtout à réduire la « dépense énergétique » par l’interdiction de tous les outils et intrants qui consomment des énergies non renouvelables. Pour quelle raison ? Les énergies fossiles ne sont pas éternelles et il faut se préparer à faire face à leur disparition qui ne tardera pas à se manifester dans quelques dizaines d’années.
La permaculture ambitionne aussi de combattre les nuisances sur l’environnement causées notamment par l’industrialisation et l’agriculture intensive. La mécanisation est remplacée par le travail manuel. Adieu tracteur, motobineuse, pompe d’irrigation à moteur thermique ou électrique… et vive la campagnole (a) et la traction animale.
Notons qu’en permaculture on utilise des techniques culturales recommandées en agriculture intégrée ou bio comme les couvertures végétales, les paillages de matières organiques, le bois raméal fragmenté, l’usage des couches chaudes pour les semis précoses réalisées à partir de fumier de cheval frais quand c’est disponible… L’utilité de ces techniques est maintenant bien reconnue accréditant l’idée que la permaculture s’inscrit dans une vision avant-gardiste de l’agriculture respectueuse de l’environnement. Est-ce vraiment le cas ?
Pour combattre les bioagresseurs, les permaculteurs font surtout confiance à l’interaction entre plantes, aux mélanges d’huiles essentielles ou aux diverses décoctions et tisanes de végétaux. Tout doit provenir de la nature bienfaitrice dans laquelle ils existent de nombreuses solutions pour nourrir le sol de culture, entretenir les plantes et combattre les bioagresseurs. Or, l’efficacité des associations de culture en plein air est souvent dérisoire, les bioagresseurs les plus agressifs étant fréquemment polyphages et ils savent facilement détecter et sélectionner dans le maquis des différentes odeurs qu’ils perçoivent, les parfums provenant des plantes qu’ils convoitent. Les tisanes à base d’extraits végétaux ont toujours eu une action très limitée expliquant pour quelle raison les agriculteurs les ont abandonnés au profit des pesticides de synthèse quand ces derniers sont devenus disponibles.